L'économie de la connaissance ou Noodynamique, un potentiel incroyable

Actuellement, la somme des connaissances accumulées depuis que l’homme est présent sur terre double tous les 7 à 9 ans. Un chiffre hallucinant qui signifie qu’en moins d’une décennie, l’humanité produit plus de connaissances nouvelles que dans les sept mille dernières années de son histoire…

Qu’est-ce que l’économie de la connaissance et pourquoi cela est-il intéressant ?

L’économie de la connaissance ou Noodynamique est une vision économique et productiviste démontrant qu’il est plus intéressant de miser sur l’homme et son savoir, qui est infini plutôt que de dépenser du temps et de l’énergie pour une économie indexée sur les produits épuisables ou les systèmes finis et limités (or, pétrole, matières premières naturelles, etc.) et cela, que ce soit à court, moyen ou long terme. Une économie indexée sur la connaissance est une économie durable, infinie, et « scalable ».

La connaissance à cette spécificité d’être détenue en chaque personne (peu importe le diplôme, la formation, le milieu social ou la zone géographique !) C’est une ressource qui comme dit précédemment est inépuisable, mais surtout qui s’accroît constamment sans risque de « chute » — une ressource ou la somme des échanges est toujours positive — ce qui donne une raison essentielle de s’y intéresser.

Il serait difficile aujourd’hui de parler d’économie de la connaissance sans citer quelques noms qui font figure de référence dans ce domaine.

La première personne à parler d’économie du savoir (de la connaissance) s’appelle Fritz Machlop. C’est Fritz Machlop qui en 1962 pose les bases de l’économie de la connaissance dans son livre « The production and distribution of Knowledge in the United States ».

La même année Kenneth Arrow, économiste américain, co-titulaire du prix Nobel d’économie en 1972 avec John Richard Hicks — économiste britannique considéré comme l’un des plus influents du 20e siècle — cherche à préciser les bases de cette économie et grâce à ses recherches, il permettra à l’OCDE quelques années plus tard (1996–97) de définir les économies fondées sur la connaissance comme « celles qui sont directement fondées sur la production, la distribution et l’utilisation de la connaissance et de l’information »

En 2009, lors de la conférence de la Commission européenne à Göteborg, qui porte sur le thème « le triangle de la connaissance à la source de l’avenir de l’Europe » trois piliers ont été définis pour qualifier cette économie :

- Recherche-Développement et Innovation ;

- Éducation ;

- Technologies de l’information et de la Communication.

De manière plus contemporaine, Idriss Aberkane, enseignant, conférencier et essayiste français, très largement médiatisé, s’est fait une spécialité de cette économie et une mission, celle de transmettre cette vision au plus grand nombre. En 2015, il écrit « Économie de la connaissance » et un an plus tard, il publie un essai intitulé « Libérez votre cerveau ! », un ouvrage de sensibilisation et de vulgarisation de la neuroscience et de l’économie de la connaissance.

Selon lui : « Les ressources matérielles ne sont pas infinies. Si l’on veut une croissance infinie, le monde matériel ne suffit pas. En revanche, la croissance immatérielle infinie est tout à fait possible. Car ce monde immatériel, c’est le monde de la connaissance, c’est-à-dire les logiciels, les œuvres d’art, les savoir-faire qui, eux, sont infinis. »

À cette citation, on peut mettre en parallèle la déclaration de Steve Jobs à François Mitterrand en 1984 alors que celui-ci était président « Les barils de pétrole de demain ce sont les logiciels » (autrement dit, les moyens de distiller de la connaissance). Un conseil, une vision, que la France a eu du mal à entendre et qui caractérisent aujourd’hui les GAFA/GAFAM dans leurs visions du monde et la place qu’ils donnent aux savoirs individuels.

Imaginons maintenant que l’on puisse trouver des solutions concrètes et efficaces pour faire appel à ce savoir collectif, à ce potentiel infini, à ces ressources cumulables afin de les utiliser pour répondre aux enjeux de développement, d’innovation et de création. Des solutions qui peuvent être facilement déployables, quel que soit l’acteur qui en montre le besoin.

Comment capter cette connaissance, ce potentiel ?

Actuellement, la somme des connaissances accumulées depuis que l’homme est présent sur terre double tous les 7 à 9 ans. Un chiffre hallucinant qui signifie qu’en moins d’une décennie, l’humanité produit plus de connaissances nouvelles que dans les sept mille dernières années de son histoire…

L’avenir économique mondial appartiendra indubitablement à ceux qui sauront faire circuler la connaissance à la fois beaucoup mieux et beaucoup plus vite. Car si la connaissance est le nouveau pétrole, le « Knowledge Flow est le nouveau Cash Flow ».

La question se pose alors de réfléchir aux manières concrètes de capter ces savoirs et ces connaissances, de les qualifier et de les injecter dans les processus d’innovation, d’amélioration, de création et de valorisation. De plus en plus de solutions et d’actions émergent en ce sens.

C’est le cas dans l’éducation avec les MOOC (massive open online courses), véritables cours et formations en ligne, avec des participants, enseignants et élèves répartis aux quatre coins du monde dont l’objectif est de créer une porte d’entrée vers le savoir. Ou encore les plateformes de libre accès au savoir telles que Wikipédia ou Quora (entreprise qui permet à ses utilisateurs de créer, d’éditer et d’organiser des questions-réponses. Fondée en 2009 par Adam Angelo, ancien directeur technique de Facebook.)

Dans les Technologies de l’information et de la Communication avec l’ensemble des réseaux de communication instantanés, numériques et universels (Skype, Google, Facebook, Slack, etc.)

Ainsi que dans la recherche, le développement et l’innovation où de nouvelles pratiques émergent telles que l’Open innovation qui désigne un mode d’innovation fondé sur le partage et la collaboration dans un esprit ODOSOS (Open Data, Open Source, Open Standards). Ou encore l’ensemble des appels à projets (prix, concours, challenges) à vocation philanthropique ou génératrices d’idées et de potentialités qui permettent à des organismes d’activer des leviers puissants du savoir tout en engageant des approches alternatives éthiques et solidaires.

L’élément commun entre ces pratiques, c’est qu’elles nécessitent des systèmes de rassemblement et de diffusion des données ainsi que des communautés qui s’engagent.

À quelles fins ?

Tout comme l’économie de la connaissance qui est infinie, les fins, les utilisations de ce potentiel, sont également infinies.

En conséquence, le savoir détenu en chaque personne, véritable capital intellectuel, permettrait de répondre aux problématiques les plus complexes ou les plus évolutives des entreprises qui ont un besoin profond d’innovation ou de renouvellement régulier des idées.

Ce nouveau paradigme apporterait aux acteurs publics des indicateurs clefs sur l’état de la société, il permettrait de comprendre les grandes orientations citoyennes, tout en gagnant en agilité et en faisant la promotion des savoirs nationaux.

Dans le milieu de la Recherche, l’économie de la connaissance est vue comme un véritable accélérateur apportant un accès universel aux savoirs et ouvrant la porte à la résolution collective de situations les plus complexes ou les plus singulières.

Dans le domaine de l’enseignement, c’est un support d’équité, créateur de liens avec le monde professionnel dans lequel, en échange de temps et d’attention, toute personne peut bénéficier d’un moyen de se valoriser et d’accroître ses compétences pour se créer des vocations.

De même que pour les Philanthropes qui auraient alors à leur disposition des possibilités concrètes de cibler les projets et les initiatives qu’ils souhaitent soutenir.

Quels que soit leurs enjeux, dans sa forme large, l’économie de la connaissance donne le moyen de trivialiser en quelque années des problèmes que l’humanité a estimés insolvables et en quelques jours des situations qui demandent aujourd’hui un investissement en temps et en argent considérable.

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